Le revenu net d'exploitation, ou RNE (en anglais : NOI, Net Operating Income), est le chiffre auquel tout investisseur immobilier revient en premier. C'est la différence entre les revenus bruts annuels d'un immeuble et l'ensemble de ses dépenses d'exploitation, hors paiement hypothécaire et hors impôts personnels. Il mesure ce que l'immeuble lui-même génère, indépendamment de la manière dont vous l'avez financé.
Pourquoi cette nuance est cruciale : deux acheteurs qui regardent le même triplex avec deux mises de fonds différentes obtiendront le même RNE, mais un cashflow net très différent. Le RNE caractérise l'immeuble. Le cashflow caractérise votre projet.
Le cashflow net mensuel correspond à ce qui reste, chaque mois, dans votre compte courant, après que l'immeuble a payé toutes ses charges et son hypothèque. Calcul simplifié :
Cashflow net mensuel = (RNE annuel ÷ 12) − mensualité hypothécaire
Un cashflow positif signifie que l'immeuble paie son hypothèque et vous laisse un surplus chaque mois. Un cashflow légèrement négatif (-50 à -150 $/mois) reste très courant en 2025-2026 pour des plex urbains avec mise de fonds standard : ça signifie que vous compensez la différence avec vos revenus personnels, acceptable si vous misez sur la création de valeur (remboursement du capital par les locataires, plus-value, refinancement futur), mais qui doit être conscient et borné dans le temps.
Un piège fréquent chez le primo-acheteur : confondre rentabilité brute (loyers annuels ÷ prix d'achat) avec rentabilité réelle. La rentabilité brute d'un duplex à 425 000 $ rapportant 28 800 $ de loyers annuels est de 6,8 %, ce qui paraît attractif. Mais après taxes (5 500 $), assurances (2 200 $), entretien (1 500 $) et hypothèque sur 340 000 $ amortie 25 ans (environ 23 100 $ par an au taux 2026), le cashflow réel oscille autour de −3 500 $ par an, soit −290 $ par mois. Le projet est défendable si vous ciblez la plus-value à long terme ; il l'est moins si vous comptiez sur l'immeuble pour financer votre retraite à court terme.
Deux indicateurs reviennent constamment dans les discussions entre courtiers et investisseurs aguerris : le taux global d'actualisation (TGA), aussi appelé cap rate, et le multiplicateur du revenu brut (MRB).
Le TGA est le ratio entre le RNE annuel et la valeur de l'immeuble : TGA = RNE ÷ prix d'achat. Au Québec en 2026, les TGA observés sur les plex urbains varient typiquement entre 3,5 % et 4,5 % à Montréal et 5 à 7 % en région, selon le secteur, la qualité du bâtiment et le nombre d'unités. Un TGA élevé signifie que l'immeuble rapporte beaucoup par rapport à son prix ; un TGA faible peut indiquer un marché tendu où les acheteurs misent sur la plus-value plutôt que sur le rendement courant.
Le multiplicateur du revenu brut, lui, est le ratio prix d'achat ÷ revenus bruts annuels. Sur les plex montréalais, on observe couramment des MRB entre 14 et 22 selon les secteurs. Plus le MRB est élevé, plus l'immeuble est cher par rapport à ses revenus locatifs, et plus le cashflow risque d'être serré sans une mise de fonds substantielle.
Ces deux indicateurs sont utiles pour comparer rapidement plusieurs immeubles entre eux, mais ils ne remplacent pas un calcul de cashflow complet. C'est exactement ce que fait notre outil.